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  • Élyse

Dessiner à l’extérieur des lignes

C’était la fête des gars il y a un mois et ils ont été gâtés, pourris. Leur meilleur ami leur a offert une taie d’oreiller sur laquelle on trouve un paysage d’un bâteau pirate, d’une île, d’un trésor... vous comprenez le concept. J’installe mon fils avec la peinture permanente, nous allons devoir en parler avant. Le concept de permanence est un peu épeurant pour tous… et j’adore que cette taie d’oreiller nous amène à philosopher au sujet de ce concept. Nous réfléchissons à nos choix, notre vision, comment nous allons planifier notre travail, comment nous allons accepter où la peinture nous apporte, et comment nous devons respecter chaque trait car ils font tous partie de notre histoire, de notre canvas.


J’anticipe qu’il y aura beaucoup de frustration car les lignes noires sont très rapprochées et il n’a pas le bon pinceau pour faire les détails. Je pourrais lui apporter le pinceau idéal du studio, mais je dois juste lâcher-prise et voir ce qui va arriver. Ça passe ou sa casse. Je sais que peu importe ce qui va arriver, il sera dans l’apprentissage brut, et ça c’est bien parfait.


Je me fais distraire (est-ce que ca vous arrive parfois?) Il vient me montrer sa taie d’oreiller complétée. La voici:



L’attention à l’eau, le nouveau turquoise qu’il a créé, le mouvement… Il dit que ça lui rappelle l’océan de la Guadeloupe qui l’a vraiment marquée. Il est fier de son travail. Je suis encore plus fière de lui. Il me dit aussi qu’il a laissé son frère peindre le trésor, pour le rendre heureux.


Je combats le dessin stérile depuis des années, vous savez les dessins contagieux (ex. dessiner des M pour des oiseaux qui volent dans le ciel). Les enfants ne dessinent pas naturellement des oiseaux comme ça, ça s’attrape.


Lorsque les enfants étaient à la maternelle, l’école nous avait demandé d’envoyer des cahiers à dessiner, une activité pour les jours de pluie. J’ai envoyé un cahier à dessiner vierge, mais l’enseignante nous l’a renvoyé à la maison expliquant que c’était la mauvaise sorte de cahier et que tout le monde devait avoir le même si non tous les enfants voudraient le livre de mon fils et ça pourrait causer des problèmes de gestion de classe.


Donc… l’enseignante aussi sait que tous les enfants veulent désespérément dessiner librement, que c’est exactement où se passe leur plein développement…?! Je ne comprends pas.


Pourquoi sommes-nous si arrêtés à dessiner entre les lignes?

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